Pour un particulier, les panneaux solaires ne coûtent pratiquement rien en impôts : l’électricité que vous consommez vous-même n’est pas imposée, la revente du surplus est exonérée jusqu’à 3 kWc et devient négligeable au-delà, et les panneaux n’augmentent pas la taxe foncière. En revanche, il n’existe pas de crédit d’impôt pour le photovoltaïque, contrairement à ce que laissent croire beaucoup de recherches. Voici, point par point, ce qui se déclare, ce qui est exonéré et ce qui a changé en 2026.
L’essentiel en 30 secondes
- Pas de crédit d’impôt ni de réduction d’impôt pour des panneaux photovoltaïques. Le seul avantage fiscal à l’achat est la TVA réduite à 5,5 %.
- L’électricité autoconsommée n’est jamais imposée : ce que vous produisez et consommez chez vous ne se déclare pas.
- La revente du surplus est exonérée d’impôt sur le revenu pour une installation d’au plus 3 kWc. Au-delà, elle se déclare en micro-BIC, avec un abattement minimum de 305 € qui, au tarif de rachat de 2026, ramène l’impôt à zéro dans la quasi-totalité des cas.
- Pas de taxe foncière supplémentaire : les équipements photovoltaïques en sont exonérés.
- La prime solaire de Toulouse Métropole n’est pas imposable.
Existe-t-il un crédit d’impôt pour les panneaux solaires ?
Non, et il n’y en a jamais eu pour le photovoltaïque à proprement parler. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique, supprimé en 2020, ne couvrait déjà pas les panneaux qui produisent de l’électricité. Et MaPrimeRénov’, qui l’a remplacé, est réservée aux équipements thermiques : pompe à chaleur, chauffe-eau solaire ou thermodynamique, isolation. Un installateur qui vous promet une réduction d’impôt sur des panneaux photovoltaïques se trompe ou vous trompe.
Ce qui existe, c’est un allègement de TVA. Depuis le 1er octobre 2025, une installation résidentielle d’au plus 9 kWc bénéficie d’une TVA à 5,5 % sur le matériel et la pose, à deux conditions : des panneaux à faible empreinte carbone certifiés et un système de gestion de l’énergie. Sur une installation de 6 kWc, l’écart avec le taux normal représente plus de 1 000 €. Nos prix par puissance dans notre article sur le prix d’une installation photovoltaïque à Toulouse intègrent déjà ce taux réduit. La batterie, elle, reste à 20 %.
L’électricité que vous consommez vous-même n’est pas imposée
C’est le point que beaucoup de propriétaires ignorent au moment de remplir leur déclaration. Les kilowattheures produits par vos panneaux et consommés dans votre maison ne sont pas un revenu : vous n’avez rien vendu, vous avez simplement acheté moins d’électricité à votre fournisseur. Il n’y a donc rien à déclarer, quelle que soit la puissance de l’installation. Depuis que le surplus n’est plus racheté que 0,011 € par kilowattheure, c’est précisément cette part autoconsommée qui fait toute la valeur d’une installation, et elle est fiscalement invisible.
Revente du surplus : exonérée jusqu’à 3 kWc
Les sommes versées par EDF Obligation d’Achat pour votre surplus sont, en principe, des revenus. Mais le Code général des impôts prévoit une exonération totale d’impôt sur le revenu lorsque trois conditions sont réunies : la puissance de l’installation ne dépasse pas 3 kWc, elle est raccordée au réseau en deux points au plus, et elle ne sert pas à une activité professionnelle. Dans ce cas, vous n’avez ni impôt à payer ni ligne à remplir.
Ces conditions correspondent à la majorité des petites installations de maison. Si vous hésitez entre 3 kWc et une puissance supérieure, ce n’est cependant pas l’argument fiscal qui doit trancher, comme on va le voir.
Au-delà de 3 kWc : la déclaration en micro-BIC, et pourquoi l’impôt est presque toujours nul
Pour une installation de 6 ou 9 kWc, les revenus de revente sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux non professionnels. Tant que les recettes annuelles restent sous le plafond du régime micro, ce qui est toujours le cas pour un particulier, vous déclarez simplement le montant brut encaissé sur la déclaration complémentaire 2042 C PRO, rubrique des revenus industriels et commerciaux non professionnels, ventes de marchandises. L’administration applique ensuite un abattement forfaitaire de 71 %, avec un minimum de 305 €.
Ce minimum change tout depuis 2026. Prenons une installation de 6 kWc qui produit 7 800 kWh par an et en exporte la moitié, soit 3 900 kWh. Au tarif de rachat de 0,011 €, cela représente 43 € de recettes. L’abattement minimum de 305 € étant supérieur, le revenu imposable est de zéro, et les prélèvements sociaux, calculés sur la même base, sont nuls aussi. Il faudrait exporter plus de 27 000 kWh par an, ce qu’aucune installation résidentielle de 9 kWc ne fait, pour dépasser ce seuil. Autrement dit, la déclaration reste une formalité, mais l’impôt a disparu avec le tarif de rachat.
Le cas est différent pour les installations raccordées avant le 4 juin 2026, qui conservent leur ancien tarif de rachat sur vingt ans. Avec 3 900 kWh exportés à 0,04 €, les recettes atteignent 156 €, toujours sous l’abattement minimum. Là encore, pas d’impôt, mais la déclaration reste due.
La prime à l’autoconsommation et la prime de la Métropole
La prime à l’autoconsommation versée par l’État, qui était exonérée d’impôt, a été supprimée pour toute installation nouvelle depuis le 5 juin 2026. Il n’y a donc plus de question à se poser à son sujet. Le détail est dans notre article sur la fin de la prime à l’autoconsommation.
La prime solaire de Toulouse Métropole, versée dans les 37 communes de la Métropole pour une installation posée par un professionnel RGE QualiPV, est une subvention d’équipement d’une collectivité : elle n’est pas un revenu et ne se déclare pas.
Taxe foncière et taxe d’habitation
Les installations photovoltaïques sont exonérées de taxe foncière sur les propriétés bâties : poser des panneaux sur votre toit ne modifie pas la valeur locative cadastrale de votre maison. Vous n’avez pas non plus de déclaration à faire au centre des impôts fonciers pour des panneaux en surimposition. Une déclaration préalable de travaux en mairie est en revanche obligatoire au titre de l’urbanisme, et nous la déposons pour vous.
Les cas où la fiscalité devient réelle
Ils concernent rarement une maison individuelle, mais autant les nommer. Une installation de plus de 9 kWc perd la TVA à 5,5 % et relève d’autres tarifs de rachat. Une installation en vente totale, où toute la production est vendue au réseau, génère des recettes plus élevées qui peuvent dépasser l’abattement minimum. Et une installation affectée à un local professionnel, un gîte déclaré ou une activité agricole sort du cadre décrit ici. Dans ces situations, l’avis d’un expert-comptable vaut le déplacement. Pour un particulier en autoconsommation, il n’est pas nécessaire.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer ses panneaux solaires aux impôts ?
L’installation elle-même, non. Seuls les revenus de revente du surplus se déclarent, et uniquement si la puissance dépasse 3 kWc. L’électricité autoconsommée ne se déclare jamais.
Dans quelle case déclarer les revenus photovoltaïques ?
Sur la déclaration complémentaire 2042 C PRO, dans la rubrique des revenus industriels et commerciaux non professionnels, régime micro, ventes de marchandises. Vous indiquez le montant brut versé par EDF OA dans l’année, l’abattement est appliqué automatiquement.
Les panneaux solaires sont-ils déductibles des impôts ?
Non. Le coût de l’installation ne se déduit pas du revenu imposable et n’ouvre droit à aucun crédit d’impôt. L’avantage fiscal se situe à l’achat, avec la TVA à 5,5 %.
Vaut-il mieux rester à 3 kWc pour être exonéré ?
Pas pour cette raison. Au-delà de 3 kWc, l’impôt est nul en pratique grâce à l’abattement minimum, et la seule contrainte est une ligne à remplir chaque année. La bonne puissance se choisit selon votre consommation de jour, pas selon la fiscalité.
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